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Dans les années 1980-1990, la poussière des hauts-fourneaux qui avait couvert Glasgow d’un voile sombre a été récurée à grand renfort de subventions. Chantiers navals, mines de charbon et aciéries avaient fermé (lire « A Parkhead, la “société brisée” »). De la ville la plus peuplée d’Ecosse on ferait une ville d’art, de culture et de distinction. Remodelage, maquillage, grattage. « Glasgow, l’Ecosse avec du style », proclament désormais les affiches dans toute la cité marchande et au-delà. « Les pauvres ont été relégués en banlieue et les meilleurs logements sociaux vendus au privé par la grâce de Margaret Thatcher. La “cappuccinoïsation” de Glasgow, processus cousin de la gentrification, pouvait alors commencer », analyse Bridget Fowler, sociologue à l’université de Glasgow.

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« J’ai grandi avec le chômage ; je n’ai pas connu mon père, et ma mère est sans emploi », explique William, qui renonce finalement à déposer son CV dans les magasins pour entamer avec Kevin, 18 ans, père de deux enfants, un de ses après-midi coutumiers : deux whiskies-Coca et quatre pintes de bière, après quoi les serveurs refusent de le servir ; puis des cachets de Valium, mélangés à du cidre acheté dans une épicerie. Les cicatrices sur son corps ? « Des combats avec les autres gangs. Ici, à Glasgow, tout le monde a un couteau, et on se fait la guerre. »
A la table du Crystal Palace, un bar à deux pas de la rivière Clyde, Michael explique qu’il est « déterminé à sortir de la culture des gangs ». Arrive son père. « Moi aussi je faisais partie d’un gang dans ma jeunesse. Ça m’a conduit en prison », dit-il, tapotant son fils dans le dos avant d’engloutir sa pinte et de partir pointer au commissariat. Michael, également en liberté surveillée à la suite d’une rixe, demande, droit dans les yeux : « Est-ce que vous pensez qu’on est mauvais ? Parce que tout le monde nous stigmatise : à cause de notre façon de parler, de nous habiller, de nous amuser… » A l’évocation de M. Haughey, dont il connaît le nom car il était l’ancien patron du club de football des Celtics de Glasgow, Michael bondit de sa chaise : « En voilà un vrai gangster ! »
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