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Pendant les insurrections de juin 1848, il crut que sa présence près des barricades pût être un moyen de ramener la paix. Il en fit part au général Louis Eugène Cavaignac, qui le mit en garde contre les dangers qu’il courait. « Ma vie, répondit-il, a peu de valeur, je la risquerai volontiers. » Le 25 juin, les tirs ayant cessé à sa demande, il apparut sur la barricade à l’entrée du Faubourg Saint-Antoine, accompagné par M. Albert, de la Garde nationale, habillé comme un ouvrier et arborant une branche verte en signe de paix, et par Pierre Sellier, un domestique qui lui était dévoué. Ses deux vicaires généraux, Antoine Jaquemet et Jules Ravinet, futurs évêques de Nantes et de Troyes, étaient également présents sur les lieux mais auraient été séparés de lui dans la confusion générale1. Dans le tableau de Jean-Jacques Champin La place de la Bastille et la barricade à l’entrée du faubourg Saint-Antoine, le 25 juin 1848, conservé au Musée Carnavalet, le peintre a représenté Monseigneur Affre s’avançant fatalement vers la barricade.

Il fut accueilli dans la stupeur, mais à peine eut-il prononcé quelques mots qu’un coup de feu relança les hostilités. On l’amena au presbytère de Saint-Antoine, et il fut ramené le lendemain à l’hôtel Chenizot au 51 rue Saint-Louis en l’Ile, devenu sa résidence depuis 1846, où il mourut le 27 juin, vers 4 h 30 du matin.

L’archevêque fut vraisemblablement touché par une balle perdue, sans qu’on ne sache avec certitude de quel côté celle-ci provenait : « on a tout lieu de croire qu’il a été victime d’un accident, et non d’un assassinat », écrivit ainsi le National[réf. nécessaire]. Prudent, le Journal des Débats publia ces lignes : « On dirait que par pitié pour l’humanité, Dieu a voulu cacher dans les ténèbres la main qui avait commis, ou cet épouvantable crime ou cet affreux malheur. » L’historienne française Anne Bernet, dans sa biographie consacrée à Catherine Labouré2, livre un récit minutieux de cette scène tragique :

« Dans la journée du 25 juin, Frédéric Ozanam, incapable de supporter plus longtemps ce massacre fratricide, se précipite à l’archevêché, et supplie Mgr Affre, unique autorité morale unanimement respectée de la capitale d’intervenir. Bouleversé au récit que lui fait le fondateur de la Société Saint-Vincent-de-Paul, le prélat accepte de jouer les médiateurs, de tenter de négocier une trêve, ne serait-ce qu’afin de sauver quelques vies. Il se fait conduire place de la Bastille, s’avance vers la barricade qui ferme l’entrée du faubourg Saint-Antoine.

En voyant surgir sous la mitraille l’archevêque en robe violette, croix d’or en sautoir, les belligérants, pareillement stupéfaits, cessent le feu. Mgr Affre marche vers les émeutiers, les mains tendues en un geste paternel. On lui ouvre le passage, on l’aide à escalader le tas d’objets hétéroclites, on l’acclame. C’est alors que la troupe s’en mêle. S’est-elle imaginé que le prélat était en danger ? A-t-elle pensé l’occasion trop belle d’enfoncer la défense adverse un instant désarmée ? Des mobiles chargent les émeutiers, qui ripostent. Soudain pris entre deux feux, Mgr Affre s’écroule, mortellement blessé. Il succombera trente-six heures plus tard.

L’on ne peut imputer aux ouvriers du faubourg la mort tragique du prélat… Il n’empêche. Le drame vient de réveiller d’un coup toutes les anciennes terreurs. »

Πηγή

 

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